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Test Gran Turismo


2009 | PSP

En 2004, Polyphony Digital nous parlait d’un Gran Turismo 4 Mobile destiné à la petite portable de Sony. Malgré quelques informations ci et là et des promesses de sortie, les joueurs commençaient à voir défiler les années en pensant que ce jeu de course portable ne serait qu’une arlésienne de plus dans l’histoire du monde vidéoludique. Mais en 2009, les développeurs sont revenus à la charge avec du concret et c’est en cette fin d’année, pour accompagner le lancement de la PSP Go, que Gran Turismo PSP a pris position sur la ligne de départ. Reste alors à savoir si après tant d’années, et un développement mené en parallèle avec ceux des opus dédiés à la PlayStation 3, cette version nomade a ce qu’il faut sous le capot pour séduire les amateurs du genre.

Comme un V8 dans une 4L…

Après autant d’attente, pour tout fan de simulation automobile, c’est un véritable bonheur que d’avoir la version portable de Gran Turismo dans ses mains. Ceci fait, on enclenche la seconde, on lance le jeu, on profite de la cinématique d’intro et là c’est le drame. Une fois sur le menu d’accueil, on a beau chercher, on ne trouve ni Carrière ni mode de jeu en ligne. Ces deux oublis sont totalement inexcusables, surtout pour un titre sur lequel les développeurs ont réfléchi pendant cinq ans (en théorie du moins). Passé cette déception, qui restera en travers de la gorge de certains, on découvre un mode défis pilotage qui fait penser aux permis des précédents opus. Non obligatoire, celui-ci propose plus d’une centaine d’épreuves (102 pour être précis) qui permettent de nous tester sur notre façon de piloter avec du freinage, des dépassements, des chicanes, des slaloms, etc. Les challenges relevés sans trop de difficulté, on n’a plus qu’à se lancer en solo dans le mode arcade qui propose des courses simples, du contre-la-montre (ce qui occupera finalement le plus les fans de la licence) et du drift plutôt raté.

Logo Gran Turismo

Enfin, pour le jeu à plusieurs, on peut profiter d’un mode en local jouable à quatre composé de quelques modes de jeu dont un fort sympathique qui attribue arbitrairement une voiture moins puissante (sorte de handicap donc) au meilleur joueur, ceci dans le but d’équilibrer les parties. Au niveau du contenu, on découvre 35 circuits fort bien modélisés (niveau topographique) et 800 véhicules. Bien que les nombres impressionnent, il faut tout de même reconnaître que la grosse majorité de ce contenu n’a été que recyclé à partir des versions de salon. Cela se voit d’ailleurs au niveau des bolides puisqu’à part quelques voitures récentes, les autres sont antérieures à 2004… L’intérêt du jeu varie donc fortement selon le profil du joueur puisqu’un fan absolu collectionneur passera de nombreuses heures à remplir son garage et à battre des chronos tandis qu’un amateur de jeux de course en profitera une petite poignée d’heures avant de passer à autre chose.

Le passé sauve le présent

Sur PSP, les jeux de course ne manquent pas mais ceux qui se veulent être des simulations sont extrêmement rares. GT PSP fait partie de ceux-ci et il relève bien le challenge grâce à un gameplay dans la lignée des volets de l’ancienne génération de consoles. Bien que rigide, celui-ci offre un excellent compromis arcade/simulation qui en font le titre de la portable le plus proche de la simulation. Les accélérations et freinages sont bien gérés, chaque bolide profite de ses caractéristiques (d’ailleurs les sensations de vitesse sont inexistantes avec des véhicules moins puissants) et quelques paramètres permettent de régler les détails. Bien entendu, le titre de Polyphony Digital est plus appréciable lorsqu’on se déleste des aides. Précis avec la croix directionnelle ou le joystick, les habitués retrouveront les sensations d’antan avec des courbes et autres trajectoires maîtrisées.

Capture en jeu

En revanche, tout est loin d’être parfait puisque l’intelligence artificielle est toujours aussi médiocre avec un manque de crédibilité et de réaction. En sus, les courses ne se disputent que contre trois autres adversaires, ce qui les rendra pour beaucoup inintéressantes. Au menu des déceptions nous notons aussi l’absence de dégâts et météo (bien que l’on soit sur une portable, d’autres jeux intègrent ces éléments qui étaient déjà présents sur la PlayStation première du nom !), des retards d’affichage de textures, dont certaines sont grossières, et un fort aliasing. Ceci dit et excepté ces derniers détails, Gran Turismo est certainement l’un des plus beaux jeux de la console et il reste fluide. Dommage que les développeurs se soient contentés d’une vue cockpit déplorable utilisant simplement une sorte de cache…