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Test God of War : Chains of Olympus


2008 | PSP

Kratos fait son entrée sur la console portable de Sony, prêt à tout casser pour prouver au monde entier que la petite en a dans le ventre. Dirigé par les petits gars de Ready at Dawn, déjà responsables de l'excellent Daxter, Chains of Olympus tente d'offrir une expérience de jeu similaire, voire supérieure, à celle qui nous a été possible de vivre avec les deux épisodes de salon qui sont désormais cultes. Sur le petit écran, l'expérience est-elle identique ? Qu'en est-il du gameplay et de la présence d'un seul stick analogique ?

Techniquement bluffant

On connaît déjà tous l'histoire de la célèbre console qui nous propose des jeux un peu grisâtres et pixellisés remplis d'aliasing pour nous offrir, en milieu et fin de vie, des titres absolument majestueux. La PlayStation 2 nous a déjà fait le coup avec une longue liste de perles techniques, dont la série des God of War fait d'ailleurs complètement partie, mais c'est au tour de la PlayStation Portable de nous étonner. Allons droit au but : Chains of Olympus est tout simplement l'un des plus beaux jeux, si ce n'est le plus beau, de tout le catalogue PSP actuellement disponible. En attendant la sortie d'un Final Fantasy VII : Crisis Core tout aussi exceptionnel techniquement, God of War fait office de véritable vitrine technologique et donne à toutes les autres productions passées (et quelques actuelles) un sacré coup de vieux. Tout comme la série originale, Chains of Olympus explose, tremble, brûle, rayonne, scintille, s'anime de la plus belle des façons pour faire de nos rétines les victimes d'un spectacle éblouissant ne laissant clairement pas indifférent. C'est simple, cet opus aurait très bien pu sortir sur PlayStation 2 sans jamais paraître en deçà des capacités de la console. Mieux encore, les nombreux ralentissements aperçus dans la version de démonstration ont pratiquement tous disparu. Une vraie leçon...

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Kratos fait son come-back dans un épisode dont l’histoire est antérieure à celles des deux précédents opus. Le joueur est donc une nouvelle fois confronté à un homme certes violent, mais emprunt d'une timide lueur d'humanité. Femme et fille décédées, notre albinos tatoué semble vite atteint d'hallucinations mettant en scène son enfant et une chansonnette qui lui rappelle bien des souvenirs heureux. Si ce n'était pas que de simples visions ? Si Kratos avait encore un moyen de retrouver sa fille ? Chains of Olympus est une histoire tragique nous racontant comment un homme blessé peut perdre toute humanité, sombrer dans la tristesse la plus incurable pour devenir le combattant bestial, émotionnellement détruit, qu'il incarne dans les deux précédents épisodes. Chains of Olympus est une descente aux enfers qui fera de tous les fans du héros les spectateurs d'un destin cruel et sans pitié.

Mais, parce qu'une jolie histoire de famille ne fait pas le scénario de tout un jeu, les développeurs ont utilisé comme toile de fond l'égocentrisme exacerbé de Morphée, prêt à tout pour prendre le pouvoir sur les dieux et le monde. Zeus et ses compères sont endormis, le soleil a disparu et seul le champion d'Athéna peut tout remettre en ordre. Cette partie de l'histoire est déjà beaucoup moins intéressante et ne semble être qu'un prétexte menant à visiter des lieux bien connus des amateurs de mythologie. On est loin des terribles affrontements et retournements de situations des autres épisodes ! Seule l'histoire de Kratos est de qualité. Dommage qu'elle ne soit que trop peu présente et qu’elle ne prenne tout son sens, émotionnellement parlant, qu’à la fin.

Un gameplay retrouvé… ou presque !

La plus grande peur des fans de la série concernant ce jeu sur console portable venait de l'absence d'un deuxième stick analogique. En effet, c'est avec celui-ci que Kratos esquive toutes les attaques ennemies. Notons alors l'excellente utilité des gâchettes de la PlayStation Portable qui permettent désormais, une fois validées toutes deux en plus d'une direction, de faire les célèbres roulades de côté qui permettent de se sortir de bien des situations. S'il faut évidemment un petit temps d'adaptation pour maîtriser ce type de mouvements qui ne remplacera jamais le second stick, Ready at Dawn semble avoir tout de même trouvé une très bonne parade pour pallier cette cruelle absence. Bien joué !

Basé avant tout sur le premier épisode, ce jeu se montre peu original au niveau de son gameplay et des différents combos proposés. On retrouve les habituelles attaques rapides et la principale arme de Kratos : les Lames du Chaos. De nouvelles armes sont disponibles, comme le Gant de Zeus, proposant du corps à corps déjà bien plus lent et bourrin, mais rien de vraiment percutant ne vient révolutionner un gameplay déjà exceptionnel à l'origine. Néanmoins, le manque de nouveauté se fait cruellement sentir. L'ajout d'une "chimère" (Ifreet) qui, une fois invoquée, dévaste tout sur son passage, ne vient pas corriger ce défaut et il en est de même pour le joli bouclier doré à récolter qui n'est qu'une "toison d'or" légèrement améliorée du second opus. God of War : Chains of Olympus s'impose plus comme un "God of War Portable" que comme une toute nouvelle expérience vidéoludique intense et unique.

On regrettera aussi l'absence totale des grands codes de réussite des deux précédents jeux. D’une part, les boss gigantesques qui ne sont ici que peu représentés, d'autre part, on peut remarquer la présence d'énigmes très classiques qui ne devraient décourager personne. La progression est extrêmement rapide, sans véritable difficulté. Du coup, on en vient à un troisième défaut qui vient calmer très sèchement l'engouement de l'amoureux d'expériences longues et passionnantes : la durée de vie. Celle-ci n'excède pas la demi-douzaine d'heures avec toutes les orbes et les armes évoluées à leur maximum. Une énorme déception. Reste alors les habituels costumes, modes de difficulté, défis et vidéos à débloquer, souvent réservés au plus Hardcore-Gamers… C'est peu.

En Grèce, rien de nouveau ?

L'aventure est belle et amusante, mais fait aussi preuve d'un vrai manque d'originalité. D’ailleurs les musiques ont toutes été déjà plus ou moins entendues. De même, plus de la moitié des objets, décors et autres animations du jeu laissent un arrière-goût de déjà-vu, sauf dans le premier niveau qui est clairement exceptionnel. Dans celui-ci, tout y est : que ce soit l'action, l'intensité des combats, les violents affrontements ou bien les interactions avec le décor qui mettent en place une jouissive conclusion saupoudrée d’une gigantesque créature et de sanguinolentes attaques surhumaines…

Pourquoi alors se contenter de si peu par la suite ? On enchaîne les ressemblances entre les différentes zones et certains clichés du jeu d'action sont omniprésents. Comme la présence de zones "rondes" qui font office d'arènes bouchées par des "portails temporaires" qui demandent l'annihilation de toute forme de vie alentour pour être dissipés. Ou bien encore des phases prévisibles de type puzzle qui empêchent le joueur de se retrouver nez à nez avec une vraie colle.

Cependant, ce jeu si classique se révèle immensément fun pour tous ceux qui ne se sont jamais retrouvés dans la peau de Kratos. Les fans seront sans doute un peu déçus, mais ce ne sera en rien un véritable désastre pour leur humeur de joueur. Facile d'accès, très amusant, Chain of Olympus fait dans le minimum syndical, mais le fait très bien. On aurait juste voulu découvrir une aventure davantage ambitieuse qui ne se contente pas de retranscrire un univers, mais bel et bien d'y rentrer de force et de casser la baraque pour s'imposer comme unique et incontournable. Ce n'est ici pas le cas. Cependant, en lieu et place demeure un très bon jeu d'action qu'il serait bien dommage de bouder !