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Medal of Honor Heroes 2


2007 | PSP

Après un premier opus très moyen, Electronic Arts tente de se racheter auprès des joueurs nomades amateurs de FPS en sortant Medal of Honor Heroes 2. Mais tout le monde sait que la portable de Sony n’est pas le support idéal pour ce genre de jeu qui nécessite généralement l’utilisation de deux joysticks. Les développeurs ont-ils tout de même réussi l’incroyable défi de dompter la bête pour réussir à imposer leur soft comme une référence ? Au garde à vous soldats, la réponse est juste ci-dessous. Un, deux, trois, lecture !

Héros malgré lui

Dès lors que l’UMD se lance, le joueur tombe sur un menu accompagné d’une musique qui donne le ton. Deux choix s’offrent alors à lui : le mode campagne en solitaire ou le mode multijoueur. Dans le premier, il s’agit de remplir tous les objectifs principaux des sept missions proposées, voire d’accomplir quelques objectifs secondaires qui demanderont certes plus de risques, mais seront finalement bien plus récompensés. En effet à la fin de chaque mission, une médaille de bronze, d’argent ou d’or vous est remise selon que vous ayez été courageux ou au contraire assez peureux. Ces distinctions feront assurément plaisir au joueur, mais elles ne parviendront sûrement pas à lui faire oublier une durée de vie plus que ridicule puisque seules trois malheureuses heures sont nécessaires pour boucler l’aventure. A cinquante euros le titre, autant dire que l’heure de jeu est excessivement chère.

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Attendons tout de même avant de dégainer nos mauvaises langues puisqu’un élément de poids n’a pas encore été pris en compte. Il s’agit ni plus ni moins du mode multijoueur qui, à la surprise générale, ne se contentera pas de prolonger l’aventure de quelques secondes. Bien qu’il ne propose que six cartes pour des modes de jeu assez classiques dont tout de même un mode infiltration et un capture the flag, il est le fer de lance de ce nouvel opus. Jouable jusqu’à 32 en ligne, ce mode multijoueur est d’une efficacité redoutable. Fun, intensif et immersif, les joueurs qui l’essaieront n’en démordront pas, surtout que le challenge est bel et bien présent, qu’il y a toujours du monde à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit et que le système de classement est bien pensé.

La fleur au fusil

Tout comme son grand frère, ce second Manhunt tente de jouer dans la cour des jeux froidement réalistes. Du moins, il essaie. On se rend en effet bien vite compte lors des premières exécutions que Rockstar London a dû revoir sa copie pour satisfaire les organismes de classification et les constructeurs. Les trois niveaux de sadisme dans les exécutions sont proportionnels à la durée d’appui sur carré. Relâcher instantanément la touche donne lieu à un meurtre dit hâtif, tandis qu’au plus haut niveau d’attente il s’agira d’une exécution qualifiée de macabre. Violent se situant entre les deux.

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Si le constat est plus que positif pour le jeu en ligne, il n’en est pas forcément de même pour le gameplay. D’un côté, on ne peut pas vraiment blâmer l’équipe de développement qui a fait de l’excellent travail sur la maniabilité pour tenter tant bien que mal de pallier l’absence d’un deuxième joystick. De l’autre, on en ressent rapidement les conséquences. Résultat, on se déplace avec le joystick et on se charge de viser avec les quatre boutons que sont croix, carré, triangle et cercle. Même si ce n‘est pas aussi agréable qu’un joystick, il faut reconnaître que ça reste jouable. Seuls les néophytes du genre éprouveront quelques difficultés au départ. Après quoi, une fois habitués à cette jouabilité un peu spéciale, ils réussiront sans mal à abattre les ennemis. Remarquons d’ailleurs que ces derniers sont capables du meilleur tout comme du pire. Autant ils pourront donner du fil à retordre lors de gunfights intenses, autant ils pourront faire preuve d’une sottise sans nom en ne déviant jamais du chemin qui a été préétabli. Ce qui donne quelques situations assez cocasses parmi lesquelles, deux nazis peuvent s’aligner pour se faire joyeusement canarder tout en vous permettant d’économiser des balles ou encore, distraits, ils ne remarqueront pas votre grenade et attendront bien sagement de se faire propulser vers de nouveaux horizons.

Si la PSP est capable de belles prouesses techniques, il ne faut pas oublier qu’elle reste une console portable. Même si ce Heroes 2 profite d’une réalisation plus que correcte, voire même souvent bien léchée, il souffre de quelques défauts liés au support. Ainsi, les corps inertes des soldats tombés au combat disparaissent en un clin d’œil, quelques bugs de collision sont de la partie et la progression est tout ce qu’il y a de plus linéaire tant les événements s’enclenchent rigoureusement les uns après les autres. Malgré tout, le soft jouit de musiques de très bonne facture et de cinématiques intéressantes que l’on a plaisir à voir et revoir. Un petit plus pour l’immersion qui manquait au premier volet. Quelques petits points sont donc à revoir, mais au fond, ces quelques sacrifices seront vite pardonnés par les moins exigeants d’entre-nous qui se contenteront d’errer dans les cartes à la recherche de soldats à dézinguer. Simplement fun !