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Test Manhunt 2


2007 | PSP

S’il y a un studio dans le monde du jeu vidéo qui fait dans la polémique, c’est bien Rockstar. Insultes, sexe, violence, le studio et ses équipes de développement ne se refusent aucune voie, aussi loufoque et osée soit-elle. Pourtant avec Manhunt 2, ses scènes de meurtre sans aucune concession et son ambiance ultra-malsaine, on a frisé de peu l’incident diplomatique. Quelques mois et retouches plus tard, Manhunt 2 débarque enfin sur PSP aux Etats-Unis. A peine les premiers méfaits réalisés, une question se pose. Les concessions faites par les développeurs pour satisfaire les demandes des organismes mondiaux n’ont-elles finalement pas totalement dénaturé le jeu ?

Tuer ou être tué

Manhunt 2 ne fait pas dans la demi-mesure et commence directement dans un asile de fous. Une courte scène d’introduction met rapidement le joueur dans la peau de Danny Lamb, un soir pluvieux comme les autres où, malheureusement pour le personnel de l’établissement, une tempête va interférer dans le système de sécurité et relâcher tous les patients de leurs cellules. Danny, avec l’aide de son frère de camisole Leo, va donc tenter tant bien que mal de sortir de cet enfer mi-carcéral, mi-thérapeutique. L’entrée en matière peut sembler violente pour le joueur qui se retrouve à devoir tuer une première personne au bout de 30 secondes. Aucune information sur Danny, sur son passé ou qui il peut bien être.

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Les débuts dans l’asile servent en fait de mise en bouche et surtout de tutorial. Leo nous apprend les rudiments de la survie, comment tuer et surtout comment bien le faire vu le peu de motivation du pauvre Danny. Il a en effet tout du bon gars débarqué chez les fous sans raison apparente. Il faut dire que lui-même ne se souvient plus de rien. Visiblement liés à diverses expériences pas très religieuses à l’asile, Danny et Leo vont partir à la recherche du passé de ce premier. La tâche ne va pas être aisée puisque comme le nom même du jeu l’indique, une chasse à l’homme sera lancée pour tenter de récupérer morts ou vifs nos deux hommes. Constamment en fuite, il faut donc se faire discret, quitte à égorger en toute impunité un agent qui serait à deux doigts d’alerter le reste de la meute…

Car Manhunt, c’est aussi une série qui sait la jouer avec finesse. Notre héros est loin du gros écervelé pensant uniquement avec ses muscles. Se dissimuler dans l’ombre est donc primordial pour espérer survivre. La jauge de vie, blanche par défaut, devient bleue dans une zone d’ombre et rouge lorsqu’un agent détecte le joueur. Dans le même ordre d’idée, le radar indique seulement les ennemis que le personnage peut entendre, sous la forme d’une flèche allant du blanc au rouge en fonction du degré de suspicion. Si la majeure partie du temps, rester dans l’ombre suffit à se faire oublier par les patrouilles ennemies, il est aussi possible qu’un agent s’approche un peu trop près et nous oblige à effectuer un quick time event. Dans le cas où le joueur n’appuie pas sur les bons boutons ou s’il met trop temps, il est repéré, sinon l’ennemi repart faire ses rondes.

Tout ça pour ça

Tout comme son grand frère, ce second Manhunt tente de jouer dans la cour des jeux froidement réalistes. Du moins, il essaie. On se rend en effet bien vite compte lors des premières exécutions que Rockstar London a dû revoir sa copie pour satisfaire les organismes de classification et les constructeurs. Les trois niveaux de sadisme dans les exécutions sont proportionnels à la durée d’appui sur carré. Relâcher instantanément la touche donne lieu à un meurtre dit hâtif, tandis qu’au plus haut niveau d’attente il s’agira d’une exécution qualifiée de macabre. Violent se situant entre les deux.

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Mais quel que soit le niveau de l’assassinat, bien attentif est celui qui pourra expliquer les principales différences à l’écran. Si la version originale était, on peut l’imaginer, brute de décoffrage, la version finalement commercialisée ne montre pratiquement rien, laissant la bande-son suggérer tout. Chaque exécution est au final une cut-scène utilisant le moteur du jeu dans laquelle l’image est retouchée avec tellement d’effets (blur, colorisation, saut d’image, etc.) que regarder ces scènes est un véritable supplice pour les yeux. Du coup, on prend vite l’habitude de zapper via le bouton Start ces séquences, alors qu’elles étaient censées constituer la cerise sur le gâteau de ce Manhunt 2. Rageant.

Continuons au niveau des déceptions avec l’intelligence artificielle. Au départ pourtant tout va bien, les ennemis se contentent de faire des rondes, jusqu’à ce qu’un bruit les attire. Libre donc au joueur de taper contre un mur ou de jeter un objet à un endroit précis pour diriger, presque comme des marionnettes, les agents adverses. Reste qu’il faut faire en sorte de ne pas attirer plus d’un ennemi à la fois sous peine de finir la mort aux trousses. Seulement voilà, les gros bras adverses ne devaient pas être très doués en éducation physique à l’école et courent facilement deux fois moins vite que notre personnage. Du coup on a vite fait de les semer pour se cacher au premier coin d’ombre trouvé. Seules les lampes-torches de certains agents (ou rater un éventuel QTE) sont à craindre mais encore faut-il que l’ennemi ait la présence d’esprit de vérifier une zone d’ombre hors de son parcours de ronde, ce qui n’est pas aussi souvent le cas qu’on pourrait le penser. Dommage.

Rockstar, roi de la PSP ?

Manhunt 2 est loin d’être le premier fait d’arme de Rockstar sur la console portable de Sony. On se souvient des superbes adaptations de Grand Theft Auto III et Vice City, deux titres qui avaient montré que la PSP pouvait proposer des titres infiniment proches de ce que fait la PlayStation 2. Une fois encore Rockstar London nous livre avec Manhunt 2 l’un des plus beaux titres de la machine. A tel point qu’il faut jouer au jeu des sept erreurs pour distinguer les différences avec les versions console de salon.

La modélisation des personnages et leurs animations sont excellentes. Les décors ne sont pas en reste : nombreux, grands, variés et bien pensés, ils tempèrent une certaine répétitivité inhérente au genre. De l’asile au sex club, en passant par un studio de cinéma, les intérieurs ne manquent pas de personnalité. Les niveaux se déroulant à l’extérieur sont un peu moins nombreux mais tout autant réussis. Mention spéciale à la séquence se déroulant sur les toits de gratte-ciels avec une horde de snipers à abattre, vraiment très prenante.

La très bonne réalisation de Manhunt 2 est qui plus est renforcée par une bande sonore de haut niveau. Les voix des différents protagonistes mettent parfaitement dans l’ambiance et les dialogues ne manqueront pas de faire sourire les anglophones. Les bruitages, tels que ceux des armes à feu, sont un peu en deçà mais restent pour le moins corrects. Enfin, la musique se fait plutôt discrète lors des phases d’infiltration mais revient au galop pour apporter une bonne dose de stress dès que la chasse à l’homme reprend.