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Killzone Liberation


2006 | PSP

Suite de l’excellent Killzone sorti en décembre 2004 sur PlayStation 2, Killzone Libération envahit la PSP en délaissant le style FPS du premier opus. Maintenant place à l’action et à la stratégie avec une vue aérienne normalement plus adaptée au support. Deux ans après son aînée, la version PSP du titre de Guérilla vient faire une transition en attendant le deuxième opus orienté FPS qui sortira sur PlayStation 3. Les développeurs néerlandais ont-ils réussi le pari osé de changer le style du jeu tout en conservant l’esprit ?

L’invasion Helghast

Les Helghasts sont venus envahir la planète Vekta pour la deuxième fois. Cette armée arrivant tout droit de la planète Helgan est dirigée par le Général Armin Metrac, personnage charismatique venant abreuver sa soif de vengeance. L’ennemi a pris plusieurs Vectans en otage pour faire pression sur le gouvernement. C’est au travers d’une campagne en solitaire ou en coopératif que Templar, aidé de Rico, défend sa planète pour le compte de l’ISA. La campagne est intense même si sa durée est relativement courte. Seize missions pour six heures de jeu, voilà bien le maigre contenu qu’offre cette version PSP. Pourtant il ne faut pas se fier aux apparences. Même si le soft n’est pas très long, l’action est sans relâche et le joueur n’a même pas le temps de souffler qu’une nouvelle horde d’ennemis apparaîtra.

Ingame screen

Pour prolonger le tout, Guérilla a rajouté plusieurs défis qui demandent d’exercer une compétence particulière. Vitesse et efficacité en sont les maîtres mots. Si le joueur se sent seul ou en difficulté, il pourra faire appel à des renforts. Le titre est jouable en ad-hoc jusqu’à six joueurs. Là où deux amis se (re)font la campagne principale en coopération, six soldats s’affrontent sans merci sur cinq cartes tirées du jeu. En match à mort seul ou en équipe, en capture du drapeau ou en mode assaut, jamais la guerre n’aura été aussi prenante. Ceci est tout à l’honneur des développeurs qui se sont hasardés à changer le style du jeu. Alors Killzone, plutôt FPS ou plutôt action/stratégie ?

« La mort a des milliers de visages, le mal un seul »

Fini la vue à la première personne avec le canon de son arme braqué sur la tête de l’ennemi et place à la vue à la troisième personne. Plus adaptée au support portable de Sony, elle est des plus agréables et n’entrave en aucun moment la progression dans le jeu. Cette dernière reste malheureusement trop linéaire mais nul ne s’en souciera face à l’intérêt du titre. Avec plusieurs armes à disposition et la possibilité de piloter des véhicules tels qu’un char Helghast ou un aéroglisseur de l’ISA, Killzone Libération offre une véritable sensation de liberté qui est renforcée par le côté stratégique du jeu. Sans pour autant être vraiment poussé, celui-ci apporte un plus indéniable qui implique encore plus le joueur dans l’action. Ainsi, il faudra commander Rico pour le positionner à un endroit stratégique ou tout simplement pour qu’il aide à repousser les vagues d’ennemis. Celles-ci sont nombreuses et elles peuvent bien concourir à notre perte.

Ingame screen 02

Jamais un jeu PSP n’avait eût une intelligence artificielle aussi poussée. Les Helghasts communiquent entre eux, s’organisent et réagissent comme de vrais soldats. La moindre balle a son importance, les rafales sont nombreuses et le pauvre Templar devra se faufiler sous cette pluie de coups de feu pour rester en vie. Heureusement l’interaction avec le décor a été travaillée pour que le joueur l’utilise habilement. Un tonneau qui explose, des mines camouflées ou des édifices qui s’effondrent sont tout autant d’éléments qui peuvent causer la perte de l’ennemi, ou à contrario, engendrer sa propre mort. Chaque geste doit être mesuré, foncer dans le tas n’est pas la bonne solution sauf pour l’adepte du game over. L’intelligence artificielle est tellement perfectionnée qu’il n’est pas rare de devoir recommencer plusieurs fois un même niveau. Cette I.A. et la visée automatique en rebuteront certains mais Killzone Libération reste un excellent jeu d’action et stratégie. Guérilla s’en sort donc avec les honneurs pour ce changement de style des plus réussis. L’épisode PlayStation 2 avait su séduire avec ses graphismes alléchants, qu’en est-il de cette version PSP ?

Une guerre propre

Dés le lancement de l’UMD le joueur est plongé dans une ambiance de guerre fidèlement retranscrite. L’introduction est l’une des plus belles cinématiques qu’il ait été permis de voir sur la portable de Sony. Le jeu en lui-même n’en est que la continuité avec de superbes graphismes et une gestion physique des plus performantes. Pas de secret, le moteur graphique à l’origine de ce petit chef d’œuvre n’est autre que le moteur Havok. Animations, explosions, tout est d’excellente facture pour renforcer le charme de cet opus. Malgré le climat de guerre, Killzone Libération n’en oublie pas pour autant la diversité en offrant de multiples décors détaillés et dans le fond assez différents. Un vrai régal pour les yeux. Mais les oreilles ne sont pas en reste…

Les graphismes d’une qualité remarquable sont accompagnés de superbes musiques symphoniques qui ne font qu’immerger encore plus le joueur. La guerre velcane ne se joue pas, elle se vit. La majorité des bruitages sont d’un réalisme saisissant, ainsi les soldats se parlent, les explosions s’entendent au loin, les balles sifflent au dessus de nos têtes, etc. Les doublages français sont des plus réussis et on a l’impression que les doubleurs ont pris du plaisir puisque les voix semblent naturelles et les intonations bien maîtrisées. Au final c’est un véritable régal pour les yeux et les oreilles, un spectacle que nous offre là le studio de développement néerlandais.