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Lair


2007 | PS3

Attendu par une flopée de fans comme le killer-app de la PlayStation 3, Lair était compté parmi les titres les plus prometteurs de la console de salon de Sony. Il faut dire que chevaucher un dragon les cheveux au vent en orientant la manette Sixaxis dans différentes directions semblait particulièrement fun. D’autant plus que l’univers du jeu et son scénario semblaient tout bonnement merveilleux. Histoire de vérifier toutes les promesses du fleuron de Factor 5, nous nous sommes directement penchés sur le jeu lors de sa sortie américaine… Alors, pétard mouillé ou véritable blockbuster ? La réponse dans notre test complet de l’un des titres les plus attendus de cette fin d’année !

Lair de rien, dur d’être un dragon !

Dans un monde ravagé par une guerre sans fin et des catastrophes naturelles en série, un guerrier et son dragon de combat décident de se lancer dans un long et dangereux périple pour tenter de changer le destin de leur monde. Un scénario extrêmement classique pour un jeu Heroic Fantasy qui parvient néanmoins à nous surprendre à de multiples reprises tout au long de l’aventure. Il faut dire que les développeurs de Factor 5 maîtrisent à la perfection ce style de background et qu’ils nous ont déjà prouvé à de nombreuses reprises leur talent.

Lair Lair

Cependant, un scénario réussi et un univers riche ne sont généralement pas suffisants pour convaincre le joueur. Raison pour laquelle Sony a tenu à tout miser sur les fonctions gyroscopiques de la Sixaxis et sur un moteur graphique bluffant. Seulement voilà, à force de vouloir en faire trop et de précipiter les choses, il était quasiment certain qu’un projet aussi ambitieux finirait beaucoup trop vite dans les bacs. Et une fois de plus, l’attrait du rush de fin d’année a été trop tentant et les développeurs ne sont vraisemblablement pas parvenus à boucler leur projet avant d’en rendre une copie à Sony…

On soulignera un gameplay imprécis qui amène souvent à contrôler un dragon qui devient littéralement impossible à maîtriser aussitôt que les lieux deviennent trop exigus ou que les boules de feu se font trop nombreuses autour de votre monture. Les développeurs de Factor 5 ne maîtrisent décidément pas bien les fonctions de la manette gyroscopique qui n’aura jamais été aussi mal utilisée dans un jeu. Néanmoins, il faut reconnaître que les phases de jeu dans des zones dégagées sont plutôt fun, mais on était clairement en droit d’en attendre plus d’un jeu aussi prometteur qui était censé démontrer les capacités de la Sixaxis… Reste donc des missions variées à travers des niveaux vastes et d’une rare beauté qui sont parfaitement mis en valeur par le style graphique si particulier de Factor 5. Un style graphique qui est sans nul doute le plus gros atout de ce jeu et qui permettra à coup sûr de contenter les amateurs d’Heroic Fantasy.

Du côté des possibilités, le titre vous propose bien entendu tout un nombre de cabrioles dans les airs, mais aussi des lancers de boules de feu et des passages en rase motte pour éliminer l’infanterie… Histoire de diviser le gameplay en deux parties, Factor 5 a aussi intégré des phases au sol lorsque votre dragon se pose pour charger ses adversaires et les faire voler à plusieurs mètres tout en les aspergeant de flammes. Sur le papier, ces idées étaient plutôt prometteuses. Mais encore une fois, en pratique, le divertissement est nettement moins intéressant vu la piètre utilisation de la Sixaxis et la mauvaise utilisation du lockage de cible. Difficile en effet d’éliminer l’ennemi que l’on désire lorsque l’on sait que le lock se place sur un peu n’importe qui et n’hésite pas à changer de cible au dernier moment. Une manipulation particulièrement rageante lors des combats contre les boss ou des scènes de jeu un tantinet plus difficiles étant donné qu’il vous faudra à de multiples reprises recommencer votre assaut avant de parvenir à éliminer votre cible… Mais à vrai dire, ce manque de précision aurait pu être comblé par une jouabilité plus simple puisque les phases en vol ne permettent pas d’orienter aisément son dragon. Un comble lorsque l’on sait qu’il s’agit d’une caractéristique de base pour un jeu de combats aériens réussi ! Difficile dans de telles conditions de résister à la tentation du lancer de pad tant l’énervement ne tardera pas à faire partie intégrante de votre aventure.

Une réalisation en demi-teinte ?

D’un point de vue technique, Lair ne trompe personne. Le résultat est dans l’ensemble vraiment bluffant avec des champs de bataille mettant en scène des milliers de combattants et des décors qui nous écrasent de par leur gigantisme. Cependant, il faut reconnaître que quelques textures ne donnent pas l’impression d’avoir un jeu de nouvelle génération entre les mains, de même que les animations sont loin d’être convaincantes une fois au sol. Mais qu’à cela ne tienne, car l’univers graphique de Lair est vraiment sublime et les phases in-game tout comme les cinématiques sont d’une grande beauté. On regrettera tout de même que le framerate ne soit pas toujours à la hauteur et qu’il vienne régulièrement entacher la jouabilité qui a décidément beaucoup de mal à nous convaincre.

En plus de cette réussite graphique, le jeu de Factor 5 peut se venter de disposer de quelques musiques et de voix originales qui nous immergent merveilleusement bien dans son univers Heroic Fantasy. Malheureusement, les bruitages sont loin d’égaler le reste de la bande originale avec quelques crépitements gênants et quelques bruits qui sont littéralement absents de la version finale du jeu. Un constat qui tend à penser que Factor 5 a bel et bien mis les bouchées doubles pour finir son jeu dans les temps…